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  • Evaluation ou IA-valuation

    Evaluation ou IA-valuation

    Comment évaluer les personnes étudiantes à l’ère de l’Intelligence Artificielle ? Telle est la question qui anime les discussions entre enseignant·es et dans les salles de réunions des établissements scolaires et universitaires. Si l’IA bouleverse indéniablement les pratiques de l’évaluation, en particulier dans l’enseignement supérieur, bon nombre des enjeux qu’elle soulève ne sont pas nouveaux. Cet article abordera les enjeux liés à l’évaluation à l’ère de l’IA dans l’enseignement supérieur, ainsi qu’un nouveau projet européen lancé pour étudier ce phénomène : ASSAI.

    L’externalisation n’est pas une nouveauté

    Depuis la généralisation des outils d’IA générative tels que ChatGPT, la capacité des personnes enseignantes à évaluer véritablement les connaissances et les apprentissages de leurs étudiant·es s’en trouvent profondément bouleversés. Un projet scolaire, un mémoire universitaire, un portfolio de design, une présentation orale : il n’y a plus rien qui ne puisse désormais être généré par l’IA. Ainsi, à moins que les étudiant·es ne se trouvent dans une salle d’examen sous stricte surveillance, comment les personnes enseignantes peuvent-elles désormais savoir si leurs étudiant·es sont bien les auteur·rice·s du travail qu’ils et elles leur remettent ?

    La réponse, bien sûr, est qu’ils et elles ne le peuvent pas. Les détecteurs d’IA ont échoué au test. Les personnes enseignantes pensent toutes disposer de détecteurs d’IA intégrés, en particulier lorsqu’elles connaissent bien leurs élèves, mais peuvent-elles en être sûres ? Les recherches suggèrent que non (par exemple, Fleckenstein et al., 2024). Et si l’on repense à l’époque précédant l’essor de l’IA à la fin de 2022, avec la mise à disposition publique de ChatGPT, on ne pouvait pas non plus en être sûr auparavant. Les règles relatives à l’intégrité académique existaient précisément parce que la question de la provenance des travaux remis par les élèves s’est toujours posée. Malheureusement, il y a toujours eu des personnes étudiantes qui demandaient à quelqu’un d’autre de rédiger leur exposé à leur place, ou qui payaient des « usines à dissertations » en ligne (des entreprises rémunérées pour rédiger des devoirs) afin de réaliser leur mémoire. Turnitin, l’outil de détection de plagiat en ligne, a été développé précisément parce que cette révolution de la tricherie avait déjà eu lieu auparavant. L’arrivée d’Internet et la généralisation du dépôt numérique des travaux ont permis aux personnes étudiantes de trouver soudainement des réponses à leurs questions de dissertation en ligne et de se contenter d’un simple copier-coller. En réalité, le fait de confier son travail à quelqu’un d’autre ou à un outil n’a rien de nouveau.

    Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que le recours au copier-coller ou aux usines à dissertation peut désormais être gratuite et instantanée. Et même si la personne étudiante n’a pas l’intention d’utiliser l’IA dans son travail d’évaluation, il est probable que la technologie qu’elle utilise fasse appel à l’IA sans qu’elle en ait nécessairement conscience. Google propose par exemple des recherches assistées par l’IA lorsque la personne étudiante recherche des informations pertinentes, tandis que Copilot, intégré à Microsoft Word, peut suggérer des modifications destinées à améliorer la qualité du texte. Même si l’étudiant·e ne cherche pas l’IA, celle-ci viendra à lui ou à elle.  Elle est désormais omniprésente dans nos environnements numériques.

    Revenir aux examens ?

    Image-par-Yamu_Jay-de-Pixabay.jpg

    Que devons-nous faire alors ? – se demandent les enseignant·es. Leurs élèves remettent des textes absolument parfaits, y compris lorsqu’ils écrivent dans une deuxième ou une troisième langue. Même les références gagnent en précision, de nos jours, ce qui était auparavant un signe révélateur de l’utilisation de l’IA. La technologie s’améliore, les grands modèles de langage sont mieux entraînés, les élèves perfectionnent leurs prompts. Il règne parmi les personnes enseignantes le sentiment général qu’il n’y a plus de véritable évaluation ; c’est devenu une « IA-valuation », qui consiste peut-être davantage à évaluer la capacité des étudiant·es à tirer parti des outils d’IA à leur disposition pour remettre le meilleur travail possible.

    « Nous pourrions peut-être faire passer un examen oral à chaque étudiant·e », suggèrent certaines personnes enseignantes. Mais qui, de nos jours, dispose du temps et des ressources nécessaires pour interroger chaque étudiant·e individuellement ? Dans un contexte de massification et de marchandisation, en particulier dans l’enseignement supérieur, les classes sont surchargées et les personnes enseignantes peu nombreuses. Certaines suggèrent de revenir à des examens surveillés à 100 %. Mais cela pourrait être perçu comme un pas en arrière dans le monde de l’évaluation. Il y a les élèves qui ne sont tout simplement pas performants le jour J, pour qui les techniques d’examen ne fonctionnent jamais, ceux qui ne révèlent pas leur véritable potentiel lorsqu’ils sont soumis à la contrainte du temps. Les travaux pratiques de leur cursus ont permis aux personnes étudiantes du monde entier d’apprendre différemment, d’apprendre par la pratique, de prendre leur temps pour réfléchir, compiler, réviser et perfectionner. Tout ce processus, tous ces faux départs et brouillons, ces réécritures et ces remises en question, sont-ils désormais voués à disparaitre au profit d’un simple prompt ?

    L’IA, calculatrice révolutionnaire pour les textes

    Nous devons désormais nous demander quels élèves auront la discipline nécessaire pour lire, mener des recherches, planifier leur rédaction, rédiger un brouillon, réviser leur texte et le perfectionner – alors qu’ils pourraient simplement donner leur consigne à ChatGPT et obtenir le même résultat (voire meilleur) en quelques clics seulement ? Le travail qui prenait des semaines est désormais réalisé en quelques secondes. Qui parmi nous, une fois les cours de mathématiques terminés, prend le temps de noter l’opération et d’effectuer le long calcul à la main ? Personne. Nous sortons notre téléphone et obtenons le résultat en quelques secondes. L’IA est la calculatrice de cette génération. L’IA générative est une calculatrice révolutionnaire pour les textes et, comme beaucoup le soutiennent aujourd’hui, c’est un outil à utiliser : alors pourquoi s’en priver ?

    Lorsque la calculatrice est apparue, certains ont avancé qu’elle conduirait les nouvelles générations à perdre leurs capacités numériques. Même si beaucoup d’entre nous ne sont peut-être pas capables de réciter nos tables de multiplication avec la même ferveur que nos grands-parents, l’addition et la multiplication n’ont pas disparu des programmes scolaires et les enfants savent toujours compter. De même, lorsque la télévision est apparue, certains avaient prédit la mort de la radio. Cela ne s’est toujours pas produit. Peut-être que les mêmes craintes à l’égard de l’IA s’avéreront infondées.

    Espoir et confiance

    Certains s’inquiètent d’un déclin des capacités cognitives et de l’émergence d’une nouvelle génération qui ne saurait plus penser, réfléchir, lire ou écrire. À quoi bon, puisque la machine peut le faire à notre place ? Cependant, à Nantes Université, les premières discussions avec les personnes étudiantes autour de l’introduction de l’IA dans le contexte de l’enseignement supérieur racontent une tout autre histoire. Elles mettent en évidence un groupe de jeunes esprits désireux d’apprendre, qui cherchent le contact social, qui souhaitent lire et accomplir des choses par eux – des aspirations également exprimées dans d’autres contextes d’enseignement supérieur (par exemple, Grünebaum, 2025). Il ne fait aucun doute qu’il y aura toujours des personnes étudiantes à la recherche d’un raccourci, mais il en a toujours été ainsi. Cependant, Il y a aussi celles et ceux qui vont à l’école ou à l’université pour apprendre, faire progresser leur pensée et vivre pleinement cette dimension sociale qui caractérise les êtres humains et, espérons-le, continuera de les caractériser.

    La plupart des politiques élaborées à la hâte, en particulier dans les universités, se sont appuyées sur cette confiance fondamentale accordée aux étudiant·es (Corbin et al., 2025). Beaucoup se sont orientées vers un système de feux tricolores, cherchant à relier une pratique encore indéfinie et expérimentale à quelque chose de plus simple et de plus familier. Le feu vert signifie généralement que l’IA peut être utilisée comme on le souhaite, mais que son utilisation doit généralement être déclarée lors de la remise du travail évalué. Le feu orange peut signifier que l’IA est autorisée pour certaines parties du travail, mais pas pour l’ensemble de la tâche. Quant au feu rouge, il signifie : stop, l’utilisation de l’IA n’est pas autorisée. Il est généralement demandé aux personnes étudiantes de signer une déclaration attestant l’originalité de leur travail et le fait qu’elles en sont les autrices, et précisant la place occupée par l’IA dans sa réalisation. Certains ont critiqué cette approche, affirmant qu’elle repose trop fortement sur l’honnêteté et l’intégrité des étudiant·es (par exemple, Corbin et al., 2025). Mais hélas, il en a toujours été ainsi, bien avant l’ère de l’IA. En ce sens, là encore, rien n’a changé.

    Évaluer ou ne pas évaluer ?

    Dans le monde de l’évaluation, on dit depuis longtemps qu’il faut révolutionner les pratiques. Les évaluations ont été critiquées à maintes reprises pour leur manque d’authenticité, leur caractère non réutilisable, leur déconnexion du monde réel, et pour n’être qu’un simple test de mémoire qui, une fois l’examen passé ou la dissertation rendue, disparaît complètement de la mémoire, laissant tout le monde se demander : « À quoi cela a-t-il servi ? ».

    Dans sa conception idéale, l’évaluation ne devrait en réalité pas se réduire à une simple mesure des connaissances. Elle devrait consister en une tâche mobilisant des savoirs durables, des compétences susceptibles d’être réinvesties et des productions utilisables. Certains défendent aujourd’hui l’idée que l’utilisation de l’IA doit désormais faire partie intégrante de ce processus d’évaluation, précisément parce que les étudiant·es devront apprendre à utiliser l’IA de manière éthique, appropriée, experte et critique (Berg, 2023). La littératie de l’IA devra probablement être intégrée aux évaluations dans le monde entier, afin d’apprendre aux étudiant·es à utiliser l’IA de manière responsable et éthique (Hackl et al., 2026).

    D’autres encore recentrent l’évaluation sur le processus plutôt que sur le produit (par exemple, Corbin et al., 2025). Ce qui importe désormais, c’est la manière dont les élèves parviennent au produit final de leur évaluation, et non pas seulement la qualité de ce produit final. Le processus d’évaluation pourrait s’avérer plus facile à évaluer pour les enseignant·es si celui-ci se déroule sous leurs yeux en classe, en collaboration avec l’IA. L’accent peut alors être mis sur le développement des capacités, sur le travail d’équipe, sur toutes les compétences non techniques qui seront utiles à l’élève dans le monde du travail. Cependant, il faut encore se demander s’il est vraiment juste d’évaluer un travail en cours de réalisation.

    Il y a bien sûr aussi ceux qui adoptent une position plus radicale et qui, bien avant l’arrivée de l’IA, contestaient déjà la place de l’évaluation dans l’éducation. Nous devrions cesser d’insister sur la nécessité de tester, de mesurer, de classer et de réduire le long et complexe processus d’apprentissage à un simple pourcentage ou à une lettre. Nous pourrions soutenir que ces mesures n’ont jamais véritablement représenté l’être humain auquel elles sont associées, ni le travail qu’il a fourni, ni les processus cognitifs, sociaux et émotionnels qui ont jalonné son parcours pour parvenir à ce chiffre inscrit sur une page. Notre obsession pour l’évaluation a peut-être toujours été mal placée, et à l’ère de l’IA, le moment est peut-être venu de réexaminer ce postulat fondamental. Avons-nous réellement besoin d’évaluer ? Pouvons-nous vraiment évaluer ?

    ASSAI

    Toutes ces questions seront posées et débattues dans le cadre de notre projet de recherche européen, ASSAI, acronyme de « AI-Driven Assessment in Education : Shaping Policies for Responsible and Ethical Implementation » (Évaluation pilotée par l’IA dans l’éducation : définir un cadre politique pour une mise en œuvre responsable et éthique). En collaboration avec un réseau d’universités à travers l’Europe, nous examinerons ce qui se passe en matière d’évaluation au sein de nos établissements d’enseignement supérieur. Nous mènerons des entretiens avec des personnes enseignantes et des étudiantes afin de tenter de mettre au jour ce qui se passe réellement dans les processus d’évaluation à travers diverses disciplines et différents niveaux d’enseignement. Quelle place l’IA occupe-t-elle déjà dans le processus d’évaluation ? Comment les personnes actrices perçoivent-elles la place de l’IA dans ce processus ? Et comment pouvons-nous innover pour intégrer ou répondre à cette nouvelle ère d’apprentissage, d’enseignement et d’évaluation assistés par l’IA ? Il y a beaucoup à découvrir et nous avons hâte de mettre en lumière les solutions créatives de nos enseignant·es et de nos étudiant·es qui réagissent déjà à cette révolution de l’IA, souvent bien avant que l’établissement et ses dirigeant·es ne puissent mettre en place des mesures pour tenter de la réguler. Nous allons mettre en lumière la manière dont l’IA est vécue et expérimentée dans le cadre de l’évaluation, dans l’espoir de partager des expériences et d’élaborer des lignes directrices à l’intention des établissements de l’Union européenne et au-delà.

    Références

    Berg, N. (2023) Should We Let Students Use ChatGPT? [YouTube video]. TEDx Talks, 26 September. Available at: https://www.youtube.com/watch?v=ogcSQ-cFRVM (Accessed: 3 June 2026).

    Corbin, T., Dawson, P. and Liu, D. (2025) ‘Talk is cheap: why structural assessment changes are needed for a time of GenAI’, Assessment & Evaluation in Higher Education, 50(7), pp. 1087–1097. doi: 10.1080/02602938.2025.2503964.

    Fleckenstein, J., Meyer, J., Jansen, T., Keller, S.D., Köller, O. and Möller, J. (2024). Do teachers spot AI? Evaluating the detectability of AI-generated texts among student essays. Computers and Education: Artificial Intelligence, 6, p.100-209.

    Grünebaum, H. (2025). AI and the Brain: Reflections on Writing Skills in the Light of AI. JoSch–Journal für Schreibwissenschaft, 16(1), pp.19-33. Hackl, V., Müller, A.E. and Sailer, M. (2026). The AI literacy heptagon: A structured approach to AI literacy in higher education. Computers and Education: Artificial Intelligence, p.100540.

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    Evaluation ou IA-valuation

     » de Heléna Stakounis est sous licence CC BY 4.0

  • Ako: A Maori approach in revisiting open education. Lessons learnt from the 2025 ICDE Global conference.

    Ako: A Maori approach in revisiting open education. Lessons learnt from the 2025 ICDE Global conference.

    Several hundreds of participants gathered in theICDE (International Council for Open and Distance Education) Global Conference 2025 in Wellington, Aotearoa, New Zealand on the 10-13 November 2025 to express their support of open, inclusive, scalable, sustainable online education.  This resulted from different policy‑ and practice‑oriented discussions based on ‘Ako’ the Maori concept that recognises that knowledge and understandings can grow out of shared learning experiences.  This concept resonates with “Ubuntu” (I am because we are), a Southern African philosophy of interconnectedness and shared humanity.  In this conference, ‘Ako’ was used as a guiding lens for designing inclusive, scalable, and sustainable education, with explicit strands on accessibility and resilience, context and quality, indigeneity, innovation, open education resources and (OERs) and open practices.

    The conference theme, “Ako: Exchanging ideas for inclusive, scalable, and sustainable education,” focussed on reducing barriers to access, ensuring cultural and geographical equity, and navigating tensions between digital scale, funding constraints, and equitable learner support, with an emphasis on the impacts of AI in education. A recurring thread throughout the conference was the importance of human values and care in a technology driven education system.  Other prominent focal points included educational leadership, and mutual enrichment in teaching and learning, open and online learning in enabling scale and challenging learner support and cultural responsiveness.  In addition, the conference hosted several workshops including the ICDE Global Doctoral Consortium which brought together students from across the globe to share their work in progress among peers and experts while forming strong networks that survives beyond the conference. 

    Conference speakers that included policymakers in open, distance, and digital education from over 50 countries, noted the need to develop mechanisms for enabling local initiatives without undermining quality or cultural fit.  Some presenters stressed the danger of treating AI as a neutral or universal tool. Therefore, institutions should move beyond technocentric models and build ecologies of care that honour diverse knowledge systems and advance social and epistemic justice.  There is a growing consensus that AI policies must be clear, contextual, and co-developed with students. Speakers also expressed the need to treat students as knowledge co-creators by designing of study material and assessment rubrics, test prompts, and even AI-use declarations, turning policy into pedagogy.  

    They argued that an inclusive education must be rooted in relationality, advancing equity with a purpose of the future that ensures that no one is left behind. This ICDE conference supported a stronger integration of indigenous perspectives into global discourse on open and distance education, positioning Ako as a model for reciprocal, culturally grounded practice.

    Image by Cecilia Castelli.
    Https://thegreats.co/artworks/unity-is-my-community.
    Published under Creative Commons-Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International license (CC-BY-NC-SA).

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    Ako: A Maori approach in revisiting open education. Lessons learnt from the 2025 ICDE Global conference.

     » by Mpine Makoe & Rory McGreal is licensed under CC BY 4.0

  • Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte propose d’adopter une politique de diffusion ouverte pour toutes les chaires UNESCO et tous les réseaux UNITWIN.

    Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte propose d’adopter une politique de diffusion ouverte pour toutes les chaires UNESCO et tous les réseaux UNITWIN.

    Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte (UNOE) est l’une des initiatives de l’UNESCO visant à contribuer à l’agenda de l’éducation ouverte. Lancé en juin 2024, ce réseau mondial réunit les chaires UNESCO et leurs partenaires, dans toutes les régions du monde, qui travaillent sur l’éducation ouverte.

    UNOE apprécie l’importance du programme UNITWIN/Chaires UNESCO établi il y a plus de 30 ans, dans le but de favoriser la collaboration interuniversitaire et de renforcer les capacités institutionnelles grâce au partage des connaissances et aux initiatives de recherche collaborative.

    Pour l’aider à accomplir sa mission, UNOE est convaincu de la nécessité de partager ouvertement les cours, les ressources, les données et les résultats des chaires UNESCO et des réseaux UNITWIN.

    Les chaires UNESCO sont des entités où les connaissances sont créées, collectées et conservées. Conformément à la Recommandation de 2019 sur les ressources éducatives libres et à la Recommandation de 2021 sur la science libre, lorsque les chaires UNESCO diffusent ces connaissances, elles ont une responsabilité spécifique : les mettre à la disposition de tous, ouvertement et gratuitement.

    Le premier jour du troisième Congrès sur les REL à Dubaï, nous, le réseau UNOE, proposons que, systématiquement, la diffusion des articles de recherche et autres documents écrits des membres du programme UNITWIN/Chaires UNESCO soit effectuée en libre accès, et que les documents éducatifs soient distribués comme des ressources éducatives libres. Nous proposons que l’UNESCO en fasse une politique.

    Si l’UNESCO adopte cette idée, UNOE, le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte apportera son soutien en partageant du matériel, en organisant des webinaires et en aidant toutes les chaires UNESCO à transformer leurs pratiques.

  • UNOE promeut un texte en faveur des REL au 3ème Congrès mondial de l’UNESCO

    UNOE promeut un texte en faveur des REL au 3ème Congrès mondial de l’UNESCO

    Les 19 et 20 novembre a eu lieu, à Dubaï, le 3ème Congrès mondial des REL.

    Le premier avait eu lieu à Paris en 2010 et avait permis à l’UNESCO de se positionner sur la question des REL. En 2017, à Ljubljana, c’est le congrès qui a fait démarrer le processus menant à l’adoption, en 2019, de la recommandation de l’UNESCO. Sept ans plus tard, l’ambition de départ est de faire le point et d’aboutir à une déclaration (dite “déclaration de Dubaï”) affirmant fortement les valeurs de l’éducation ouverte.

    La première journée de ce genre d’événements est très protocolaire. La parole est aux ministres, à l’UNESCO (à partir de 10:00), pour faire le point sur ce qui a été accompli depuis 2019. Je suis invité à modérer une session sur les liens entre intelligence artificielle et ressources éducatives libres, en particulier en prenant en compte l’inclusion numérique (à partir de 2h30).
    Dr Phumzile Mlambo-Ngcuka a été de nombreuses fois ministre et vice-première ministre de l’Afrique du Sud. Elle nous parle de questions de genre en notant comment l’IA et les REL, parce qu’elles permettent une certaine souplesse, sont à même de contribuer aux questions éducatives des femmes et des filles (en anglais, l’expression consacrée est « women and girls »).
    Mr Seizo Onoe, de l’International Telecommunications Union (ITU) cherche à nous convaincre de l’intérêt de la standardisation : l’ITU joue un rôle essentiel dans l’accès aux réseaux.
    Mr Kevin Chan est director for Global Policy Campaign Strategies à Meta. Son intervention était en faveur des LLM ouverts : il pense que ce sont les modèles qu’il convient de privilégier. Notons qu’à la Chaire RELIA, nous travaillons en ce moment sur des chatbots “vertueux” qui seraient aussi ouverts que possible.

    En tant qu’animateur de la table ronde, j’ai pu mesurer la quantité de sujets essentiels à aborder quand on regarde ensemble les questions d’éducation ouverte et d’intelligence artificielle. J’ai pu également user de mon “droit de conclusion” pour faire une proposition au nom du réseau UNITWIN UNOE que nous coordonnons depuis Nantes.

    Session sur IA, REL et inégalités – photographie sous licence CC0.

    Assez curieusement, si l’UNESCO demande aux états membres d’appliquer la recommandation de 2019, et si elle publie systématiquement sous licence Creative Commons ses propres rapports, il n’y a pas de règles pour les quelques 1000 chaires UNESCO et 100 réseaux UNITWIN.

    J’ai donc proposé, au nom du réseau UNOE, que cela devienne la règle. Le texte de la proposition (en version française) est ci-dessous. Les premiers retours des grands acteurs internationaux des REL et de l’UNESCO sont déjà très positifs. Bien entendu, nous communiquerons les résultats sur ce blog.

    Licence

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  • UNOE ou l’Université d’après-demain

    UNOE ou l’Université d’après-demain

    Le mercredi 26 juin 2024, nous avons lancé le réseau Unitwin UNOE en éducation ouverte.

    Cette inauguration a eu lieu en ligne et il est possible de voir ou revoir l’événement ici : https://mediaserver.univ-nantes.fr/videos/lancement-reseau-unitwin-unoe/.

    Un réseau global

    … et des participant·es de plus de 35 pays différents qui se sont connecté·es pour assister au lancement du réseau et écouter les expert·es parler d’éducation ouverte.

    Mais au-delà des chiffres, cette globalité permet d’envisager une réflexion au niveau de la planète plutôt qu’à un simple (!) niveau national. Avec cet horizon (ou plutôt absence d’horizon), les perspectives changent forcément.

    L’Université de demain sera ouverte et construite avec les jeunes

    C’est le message principal qu’a fait passer François Taddei, notre intervenant invité : afin de pouvoir prendre en compte à la fois les communs de la nature et ceux digitaux que nous créons, il faut associer les jeunes à la réflexion et à la co-construction de l’Université du futur.

    L’éducation ouverte au-delà des Ressources Éducatives Libres

    Les REL ont longtemps été le principal instrument de l’éducation ouverte. Et la réflexion sur les REL s’est souvent faite autour de la question des licences. En pratique, un cours sur les REL passera toujours par là. Mais l’avenir de l’éducation ouverte -en particulier sous l’influence de l’intelligence artificielle- passe par bien plus que cette question de licences !

    Ce que nous en retenons

    L’inauguration signifie que le réseau existe. Son succès montre que si la réflexion peut avoir lieu localement, elle doit aussi se faire en prenant en compte nos histoires, nos différences et surtout nos besoins communs.

    À la Chaire RELIA, nous sommes sur ces lignes. Mais nous pouvons faire bien mieux quant à l’inclusion de la jeunesse dans nos réflexions. Il faudra lancer des initiatives en ce sens dès le mois de septembre !

    Quelques témoignages

    « Greetings from Ministry of Higher Education and Research in France, which actually work on a national strategy about Open Education, with many experts and partners like Nantes University and Unesco Chair RELIA coordinated by Colin. Congratulation for this very interesting international initiative ! »

    « Grateful to be part of this important initiative. Excited for the rich collaborations ahead. A thank you from Notre Dame University Louaize – Lebanon. »

    « Thank you for a really inspiring and interesting conversation. We really look forward to following the network from the ICDE network. »

    « The great organisation effort is now evident with a wonderful session today. Congratulations, a lot of learning for all of us on a critical issue. Open solution. Thank you. »

    « This Initiative allows for high level borderless commitment to configure open solutions as public goods. It will be important to set priority actions for us to undertake towards this common endeavor. »

    « Today I had the great pleasure of attending the inauguration and launch of the UNITWIN Network Open Education_UNOE under the auspices of Nantes Université & Unesco.
     For me, this was one of the highlights of the year.
     Finally, someone who dares to change the OE Agenda and its narratives.
    Thanks also to Cheniti Lilia who was one of the panelists also to @Mpine one of our previous OERAC Ambassadors, now on ICDE Board for your contributions.
    Mr Taddei talked about Planetism and Planetlsts, a very interesting concept, and also about including all learners and diversity in the OE Agenda, and the new social contract. »

    Et enfin, quelques images