Author: Colin de la Higuera

  • « Partager est un défi » : la série s’achève, le partage continue

    « Partager est un défi » : la série s’achève, le partage continue



    31 mars. Le mois de l’éducation ouverte touche à sa fin. Nous avons décidé d’en profiter goulûment, jusqu’à la toute fin.

    Merci aux contributrices et contributeurs. Les 14 auteurs et 16 autrices de 15 pays ont écrit 17 articles dans 6 langues… Des aller-retours productifs nous ont permis d’échanger avec elles et eux. Parfois c’est entre auteur·es que les conversations et débats ont eu lieu.

    Merci aussi à celles et ceux que nous avons mis à contribution. Pour nous aider à traduire, pour mieux diffuser. Pour gérer des aspects techniques, parfois aussi juridiques. En particulier, Javiera Atenas et Victor González Catalayud pour les versions espagnoles et Mary Lavissière pour les complexités de la traduction des termes juridiques au français.

    Il faut surtout dire que derrière le “nous” se cachent Solenn Gillouard pour le blog d’UNOE, Erwan Louërat pour le blog d’EUniWell et Lucie Grasset pour le blog de la Chaire RELIA. 

    Chacun de ses blogs a sa propre politique éditoriale, mais ils partagent tous les trois un grand intérêt pour le sujet. Nous avons choisi de publier cette année en français sur le blog RELIA et dans les différentes langues disponibles sur les blogs multilingues d’UNOE et de EUniWell. Mais pour une opération de cette importante, il a été essentiel de travailler en équipe et de pouvoir se secourir quand nécessaire.

    Merci enfin à Ahmed Galai qui nous a fait l’honneur d’ouvrir la série avec un article poétique sur le fort lien avec le partage que tout enseignant·e a. Un prix Nobel pour donner le la !

    Quelques éléments techniques

    L’objectif de publier chaque article dans au moins trois langues a été atteint. De façon systématique, avec l’aide de l’IA (DeepL pro) nous avons obtenu des versions de travail en anglais, français et espagnol. Nous avons ensuite pu bénéficier de lectures attentives de la part des un·es et des autres. Cela reste cependant un exercice périlleux : dans certains cas, les termes techniques retenus (et en particulier les termes juridiques) pourraient encore être améliorés.

    Nous avons bien entendu été attentif·ves à la question des licences des images. En choisissant systématiquement des images libres de droit. A ce titre, nous souhaitons également remercier la plateforme The Greats – Fine Acts ainsi que les artistes qui y partagent leurs œuvres sous licence CC BY-NC-SA, et qui nous ont permis d’illustrer chacun des articles de cette série.

    Et nous avons aussi eu à gérer la question des images générées par IA. En suivant le pertinent avis de Rory McGreal (voir l’article sur la légalité), ces images doivent être considérées comme étant dans le domaine public. Mais nous n’avons pas osé franchir systématiquement le Rubicon d’y apposer une licence CC0.

    Qu’avons-nous appris ?

    En réalité, nous avons surtout été conforté·es par la pertinence de notre modèle. Comme l’an dernier, nous avons invité un grand nombre d’expertes et experts à enchérir lorsque la liste des thèmes serait partagée. Et comme l’an dernier, les thèmes -qui étaient des obstacles- sont “partis” très vite. La possibilité de partager l’écriture avec des auteur·es qui ne se connaissaient pas forcément a donné lieu à des collaborations trans océaniques.

    Nos ami·es d’Open Education Global nous ont suggéré d’ouvrir l’appel à contributions. C’était un peu frustrant de ne pas le faire, de ne faire appel qu’à des gens que nous connaissions déjà. Mais nous anticipions déjà qu’il allait nous falloir, parfois, discuter avec les auteur·es, leur demander des efforts supplémentaires. 

    La solution pour être dans les appelé·es de 2027 ? Peut-être de nous proposer un article pour le blog dans les prochains mois…

    Nous avons continué à explorer le multilinguisme. Nous avons aussi vu que ce format convenait aux lecteurs et aux lectrices mais aussi aux auteur·es : une règle essentielle est que chacun·e avait le droit d’écrire dans sa langue. C’est un sujet de controverse : nombreux·ses sont celles et ceux qui pensent qu’il existe une lingua franca et que tout le monde doit pouvoir s’exprimer dans cette langue. Avec l’aide de l’IA, éventuellement. A la Chaire, nous ne voyons pas les choses comme ça et avons eu cette année, justement, le cas d’un article d’abord écrit en anglais, puis, à notre demande, réécrit dans la langue des auteur·es, et bien meilleur dans sa seconde version.

    Nous avons aussi innové cette année en proposant une Newsletter bilingue à laquelle on pouvait s’inscrire sur toute la durée de l’opération afin de recevoir un mail à chaque publication d’article. Plus de cinquante inscriptions à celle-ci !

    Nous avons également appris (ou réappris) que les nuisances techniques allaient être nombreuses. En fin de mois, devant les attaques à répétition de nos serveurs, j’ai même envisagé que cela démontre le succès de notre opération. Mais au-delà (de ces théories conspirationnistes), il convient de remercier Séverine Rubin, du LS2N, pour sa patience et sa disponibilité même à des heures indues. [Une règle d’or est que les serveurs plantent toujours plus facilement hors des heures de travail]

    Mais qu’avons-nous appris, de plus ?

    Tout d’abord, et ce n’est pas une surprise, que la communauté de l’Education Ouverte est riche d’idées, d’analyses, de travaux de recherche. En posant nos sujets cette année sous forme de seize mots clé, un par obstacle, nous pensions avoir marqué le territoire et prévu toutes les possibilités.  En réalité, nos auteur·es ont plus qu’enrichi les idées originelles que nous avions imaginées.

    Nous avons également été conforté·es par l’importance qu’il faut accorder à la recherche. Le mot “partage” existe depuis longtemps et a souvent été associé à la question des REL. On peut lire des articles datant d’une vingtaine d’années où certaines difficultés évoquées ici ont déjà été analysées. On aurait donc pu penser que nous allions revisiter des questions connues avec des réponses très explorées. Il n’en est rien : les analyses de 2026 reposent sur des résultats récents, sur des technologies d’aujourd’hui, sur les nouveaux outils que nous avons vu arriver ces dernières années. Nous notons cependant qu’une part substantielle de la bibliographie est en langue anglaise. Nous prenons cela pour un défi : avons-nous, aujourd’hui, assez de chercheur·es qui regardent en langue française les questions posées par l’éducation ouverte ? La réponse est clairement non. C’est pour cela que cette année 2026 nous avons lancé une série de webinaires en langue française. D’ailleurs, il y en a un demain !

    Les seize articles proposés ont de nombreux sujets partagés. Les angles sont différents, les références vont dépendre des contextes locaux, mais quelques sujets forts sont traités.

    « Sharing  » by ryancr is licensed under CC BY-NC 2.0

    La question de la reconnaissance

    Souhad Shlaka a analysé la difficulté de concilier partage et compétition. Dans son Université comme dans tant d’autres, la mise en concurrence est voulue et, bien entendu, freine le partage. Elle nous propose des débuts de solution. Puissent les institutions l’écouter !

    Certains de ces mécanismes de reconnaissance sont analysés par Luc Massou (sur le thème de la gratitude). Pour lui, le partage de la recherche est centrifuge tandis que les mécanismes du partage des ressources éducatives sont d’ordre centripète. Il faut donc convenir qu’on ne remercie pas de la même façon ces partages.

    Javiera Atenas et Leo Havemann ont trouvé un titre qui a beaucoup intrigué les lecteurs et les lectrices : ils sont partis du constat que les universitaires partageaient volontiers leurs résultats de recherche, mais beaucoup moins leurs cours. Comme pour d’autres, ils demandent un changement de paradigme pour permettre aux universitaires d’être réellement gagnants à partager.

    Les articles optimistes

    Certains ont choisi de partager comme un acte de foi. C’est le cas de Marcela Morales qui nous confirme que nous sommes bien entendus tous·tes légitimes à partager. C’est aussi celui de Zoltan Lantos dans sa réponse au défi de la réciprocité, et qui raconte l’histoire d’une de ses REL. Celle-ci donne l’impression de prendre vie… et donc bien entendu de s’émanciper. Derrière son témoignage, on devine la question qu’il nous faudra bien aborder un jour : comment une ressource éducative libre, intimement associée à un (ou une, ou des) auteur peut devenir un commun numérique au sens de la déclaration de Dubai. C’est aussi l’optimisme qui pousse Pierre-Antoine Gourraud à partager et qui nous dit : Le vrai danger ? Ce n’est pas le pillage. C’est le gâchis. Alan Levine a choisi l’obstacle de l’ingratitude mais nous lance plutôt un message de gratitude et note que même si les gens qui prennent ses photos peuvent le faire sans rien dire, ils et elles choisissent souvent de remercier.

    Le Nord et le Sud

    Le Sud est très représenté parmi nos auteurs et autrices. Et si parfois les problèmes sont les mêmes qu’on peut trouver en Europe ou en Amérique du Nord, ce n’est pas toujours le cas.

    Le thème de la nécessaire décolonisation des savoirs est analysé sans complaisance par Mpine Makoe, Darrion Letendre et Robert Lawson… Il aurait aussi pu être au centre de la question de la découvrabilité : mais Benedetta Calonaci et Alessandra Gammino ont choisi un autre angle, celui des documentalistes et des bibliothécaires.

    Les REL, c’est mieux quand on travaille en équipe

    Mais peut-être la leçon principale de cette série est que le collectif doit primer. Concevoir une REL et la diffuser ne peut plus, en 2026, être la mission d’un ou une collègue isolé·e. Il faut travailler à plusieurs, en réseau, en mettant en place des infrastructures. C’est bien entendu le message porté par Sophie Depoterre, José-Miguel Escobar-Zuniga, Paul Lyonnaz et Nadia Villeneuve, qui à Louvain, Laval, Nantes et Sherbrooke sont en train de construire les outils qui permettent au collectif de s’exprimer. C’est aussi le modèle sous-jacent en Afrique du Sud et promu par Dorothy Laubscher dans son article répondant au défi de la naïveté. Pour Barbara Class, Henrietta Carbonel et Mathilde Panes c’est pour faire face aux défis techniques qu’il faut s’organiser et systématiser son approche.

    Virginia Rodés et Regina Motz nous rappellent quelque chose d’essentiel : “les REL ont transformé l’accès à la connaissance et restent essentiels dans un monde où des millions d’étudiant·es manquent encore de supports pédagogiques abordables et fiables.” Leur article est une conversation entre deux enseignantes. 

    Latifa Chahbi, Loubna Terhaz, Khalid Berrada et Alan Levine nous rappellent que la peur du jugement de l’autre a toujours été un obstacle au partage. Ils font dans leur article appel à Michel Foucault pour analyser cette difficulté. Mais pour elles et eux, l’éducation ouverte peut transformer le regard en situant chaque expérience éducative et en offrant des environnement sécurisés de partage.

    La question de l’intelligence artificielle a été abordée dans deux articles. Par Rory McGreal pour analyser la question des droits, de la légitimité, par Fawzi Baroud et Mitja Jermol pour nous dire qu’il faut absolument continuer à partager, malgré l’IA (la question posée était celle de l’utilité). A cause de l’IA, même. Ces articles ont été particulièrement relayés : il est clair que la question de l’IA intéresse. Nous pensons et espérons que ces articles donnent des réponses très positives !

    Enfin, nombreux sont les articles qui indiquent l’importance de l’institution. Une institution qui soutient, par des mécanismes de reconnaissance, qui met en place des structures d’appui, qui valorise l’éducation ouverte, cela devient indispensable.

    Partageons

    Une opération sur le partage,… ça se partage.

    Nantes Université l’a fait : comme cela a été rappelé lors de l’inauguration du mois de l’Education Ouverte, la question de l’Éducation Ouverte marque aujourd’hui  l’identité de Nantes U. Et la Fabrique REL est le type de structure qui va jouer un rôle primordial dans la construction des outils de partage du futur. 

    UNOE (UNITWIN Network in Open Education) a maintenant trouvé une vraie place à l’UNESCO. Le réseau s’agrandit, les prises de position et les opérations diverses permettent de travailler globalement.

    EUniWell vient de se doter d’un observatoire de l’éducation ouverte : ce petit comité scientifique doit permettre de mieux analyser les liens entre éducation ouverte et bien-être.

    Et l’opération a été reprise et diffusée par l’UNESCO, l’ICDE, le Ministère de l’enseignement supérieur et bien entendu, Open Education Global et le consortium francophone du mois de l’Education Ouverte.…

    Toute l’équipe éditoriale des seize obstacles remercie enfin les lecteurs et les lectrices. Sans qui, au fond, tout ceci n’aurait que peu d’intérêt : dans un partage, les deux parties ont un rôle.

    Cet article fait partie de la série : “Sharing is a challenge”, publiée tout au long du mois de mars 2026, en collaboration avec la Chaire UNESCO RELIA et le réseau Euniwell.

    À propos de l’image de mise en avant de l’article

    L’intention artistique originale reste celle de l’artiste et peut être différente de l’intention éditoriale de notre remix. Nous remercions David Espinosa pour le partage de son œuvre sous licence ouverte CC BY-NC-SA 4.0.

  • Partager… Nos défis pour 2026

    Partager… Nos défis pour 2026

    Chaque année, au début du mois de mars, l’éducation ouverte est célébrée lors de l’OEWeek (semaine de l’éducation ouverte), promue par Open Education Global. Il s’agit d’un événement au cours duquel des groupes du monde entier promeuvent des idées et des projets liés à l’éducation ouverte.

    En 2025, avec l’aide de nos ami·es de la Chaire Unesco RELIA et de l’Université européenne du bien-être EUniWell, nous avons identifié 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte. Puis nous avons lancé un appel et « recruté » des auteurs de 13 pays. En mars 2025, nous avons publié leurs contributions… 23 articles en 8 langues !

    Cette année, c’est la question du partage qui nous sert de fil conducteur.

    Tous les éducateurs, les enseignants, définissent volontiers ce qu’ils font avec le verbe « partager ». Et pourtant, quand on y regarde de plus près, ce partage est souvent limité.

    Nous avons cette fois identifié 16 obstacles ou défis au partage : certains sont réels et peuvent être liés à un manque de compétences technologiques ou juridiques. D’autres sont liés à nos propres limites, craintes, envies. Or, en 2026, nous avons besoin de mieux partager, donc comprendre ce qui nous bloque et recenser des idées et des solutions venant de tous les continents est une piste…

    Comme l’an dernier, nous avons lancé un appel à contributions et avons eu des volontaires très vite. Ils sont aujourd’hui 27, représentant 15 pays des Amériques, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe. Nous sommes particulièrement heureux d’avoir reçu 6 contributions des partenaires du réseau UNOE.

    Une surprise pour cette édition 2026. Nous sommes heureux d’ajouter un premier article d’Ahmed Galai pour lancer la série, sur la relation entre enseigner et partager. M. Ahmed Ben Tahar Galai est un militant des droits humains et des peuples, membre du comité directeur de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme de 2000 à 2016 ( prix Nobel de la paix 2015 avec le Quartet du Dialogue National). Il est également membre du conseil scientifique de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme et de la commission nationale pour la réforme du système éducatif tunisien.

    Les équipes en charge des trois blogs sur lesquels les articles seront publiés sont très enthousiastes, même si elles doivent également faire face à quelques difficultés (attendues) intéressantes, notamment en ce qui concerne les différentes manières de gérer le multilinguisme : à nouveau, nous avons encouragé les auteurs et autrices à écrire dans leur langue. A l’heure d’écrire ces lignes nous sommes en train de travailler sur une demi douzaine de langues.

    Enfin, toutes les contributions seront sous licence CC BY, pour en faciliter les diffusions et réutilisations. À ce sujet, nous nous tenons à disposition pour toute question ou besoin d’aide, par exemple pour la republication d’articles.

    Nous vous donnons donc rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir, pendant un mois, nos seize défis.

    Si vous souhaitez recevoir notre série d’articles dans votre boîte mail durant le mois de mars, veuillez cliquer ici.

  • Pourquoi apprend-on aujourd’hui ? Le projet UNOE : donner la parole aux jeunes

    Pourquoi apprend-on aujourd’hui ? Le projet UNOE : donner la parole aux jeunes

    1/3. Pourquoi apprendre aujourd’hui ?

    Cette question a fait l’objet de discussions croisées entre partenaires du réseau UNOE. Voici la contribution de la Chaire RELIA.


    En novembre dernier, dans le cadre du réseau international UNITWIN en Éducation Ouverte (UNOE), chaque partenaire du réseau était encouragé à lancer, dans son pays, auprès de son université, un groupe de réflexion composé d’étudiantes et d’étudiants pour discuter et partager leur vision du futur de l’apprentissage et de l’éducation.

    A Nantes, avec notre groupe d’une dizaine d’étudiant·es de disciplines diverses (Langue, Droit, Humanités environnementales), nous avons démarré avec la question :

    Maintenant que l’IA fonctionne, a-t-on encore besoin d’apprendre ?

    qui a rapidement évolué vers une question plus globale :

    Pourquoi apprend-on aujourd’hui ?

    Au fil des discussions et des débats, les étudiant·es ont mis en avant 3 raisons principales qui, pour eux/elles, répondent à cette question, tout en analysant l’impact, positif ou négatif, que l’IA pouvait avoir sur chacun de ces éléments.

    On apprend par plaisir, pour le sentiment de satisfaction que cela procure d’apprendre par soi-même et de « savoir ».

    On apprend pour socialiser et être intégré·e au sein d’un groupe ou plus généralement dans la société.

    On apprend pour pouvoir construire son esprit critique, pour exercer sa pensée critique.

    Après plusieurs séances de réflexion, les étudiant·es ont résumé leurs idées dans un petit rapport en vue de le présenter et d’en échanger avec d’autres personnes étudiantes du réseau UNOE.

    Le 6 mai dernier, nous avons eu la chance d’accueillir en visio les étudiant.es de Fawzi Baroud, enseignant à Notre Dame Université de Louaize au Liban et membre du réseau UNOE.

    Après une rapide présentation des équipes, les étudiant.es libanais.es, qui avaient pris connaissance du rapport quelques jours à l’avance, ont pu poser leurs questions aux étudiant.es français.es et challenger leurs idées.

    Des débats nourris et des échanges intéressants 

    Les discussions ont été animées. Les étudiant.es se sont notamment interrogé.es sur la capacité de l’intelligence artificielle à enseigner la pensée critique mieux qu’un humain, sur la difficulté à accepter qu’il puisse y avoir du plaisir à apprendre alors qu’il faut en réalité souffrir pour arriver au bout de ses études, ou encore sur le paradoxe des universités qui reconnaissent l’importance de la socialisation dans l’apprentissage, tout en agissant assez peu en ce sens.

    Les groupes de discussion se poursuivent au sein du réseau. Dès qu’un groupe a abouti dans ses réflexions, il en débat avec un groupe d’un autre pays.

    A terme, nous espérons pouvoir rassembler tous ces échanges dans un document synthétique qui se voudra le reflet de la vision d’étudiant·es de plusieurs pays (Brésil, Liban, France, Afrique du Sud, Mexique, Tunisie, …). Ces contributions seront ensuite relayées auprès de l’UNESCO qui est en attente de ces opinions et analyses.

    En quoi ces réponses sont-elles importantes pour un réseau qui doit s’intéresser à l’impact de l’IA ou à l’éducation ouverte ?

    Et nous pouvons aussi “questionner la question” : en quoi ces réponses sont-elles importantes pour un réseau qui doit s’intéresser à l’impact de l’IA ou à l’éducation ouverte ? Notre choix de la question est lié au fait que l’impact de l’IA sur l’éducation est aussi un impact sur la motivation à apprendre. Et qu’il est possible que ces motivations à apprendre soient impactées différemment par l’IA. Ainsi la motivation venant d’un environnement familial favorable, qui pousse à apprendre, qui sait lire les clés de la réussite, sera probablement peu impacté par l’IA. Malheureusement, de telles motivations ne sont à la portée que d’une élite.

    L’étape suivante du travail sera donc de chercher des leviers non discriminants sur lesquels on peut agir.

    « 

    Pourquoi apprend-on aujourd’hui ? Le projet UNOE : donner la parole aux jeunes

     » par

    est sous licence CC BY 4.0

  • 23 bonnes raisons… pour adopter l’Éducation Ouverte

    23 bonnes raisons… pour adopter l’Éducation Ouverte

    Chaque année, au début du mois de mars, l’éducation ouverte est célébrée lors de la OE Week (semaine de l’éducation ouverte), promue par Open Education Global. Il s’agit d’un événement au cours duquel des groupes du monde entier mettent en avant des idées et des projets liés à l’éducation ouverte.

    Avec l’aide de nos ami·es de la Chaire Unesco RELIA et de l’Université européenne du bien-être EUniWell, nous avons pensé qu’il était possible de contribuer à cette OE Week en réexaminant les arguments que nous pouvons utiliser pour convaincre les personnes et les institutions d’opter pour l’éducation ouverte.

    Nous avons ensuite contacté des ami·es de tous les continents et leur avons demandé s’ils/elles souhaitaient contribuer en écrivant un article sur l’un de ces arguments.

    Et nous avons eu plusieurs surprises dans les heures qui ont suivi le lancement de notre appel.

    Un accueil enthousiaste

    La première surprise a été l’accueil enthousiaste qui lui a été réservé. En l’espace de 10 heures, les 22 thèmes initiaux ont tous été sélectionnés.

    Un bon point de départ

    La deuxième surprise a été de constater que notre liste initiale constituait un bon point de départ. Pour être honnête, elle avait été testée sur le terrain : nous avions mené des activités dans différents pays sur la question de l’adoption de l’éducation ouverte et la sélection des sujets a donc fait l’objet de plusieurs séries de tests pratiques. En fait, nous n’avons reçu qu’une seule nouvelle proposition, qui est excellente et justifie que nous parlions finalement de 23 raisons.

    Des contributions internationales

    La troisième surprise a été la variété des contributions proposées qui proviennent de 10 pays et sont rédigées en 5 langues. Nous sommes particulièrement heureux d’avoir reçu 7 contributions des partenaires du réseau UNOE.

    Les équipes en charge des trois blogs sur lesquels les articles seront publiés sont très enthousiastes, même si elles doivent également faire face à quelques difficultés intéressantes (attendues), notamment en ce qui concerne la gestion du multilinguisme.

    Sur notre blog UNOE, chaque article sera disponible dans au moins 2 des 4 langues officielles des Nations Unis présentes dans le réseau : l’anglais, le français, l’espagnol, l’arabe.

    23 articles mais seulement 7 jours dans la semaine !

    Pour notre participation à l’OE Week, nous avions imaginé dévoiler chaque jour de la semaine une « bonne raison ». Mais avec les 23 articles que nous attendons et, une semaine n’ayant que 7 jours, nous avons opté pour une diffusion tout au long du mois de l’éducation ouverte, dans l’esprit promu par nos ami·es du Québec !  

    Enfin, tout le matériel de cette opération sera sous licence CC-BY afin d’en faciliter le partage et la rediffusion. À ce sujet, n’hésitez pas à nous contacter pour toute question ou besoin d’aide, par exemple pour relayer cette opération ou pour la republication d’articles.

    Nous espérons que cette opération et la série d’articles qui en découlent enrichiront notre réflexion et aideront UNOE à apparaître comme un acteur légitime de l’éducation ouverte.

    Nous vous donnons donc rendez-vous sur notre blog, début mars pour découvrir, pendant un mois, 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte !

  • Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte propose d’adopter une politique de diffusion ouverte pour toutes les chaires UNESCO et tous les réseaux UNITWIN.

    Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte propose d’adopter une politique de diffusion ouverte pour toutes les chaires UNESCO et tous les réseaux UNITWIN.

    Le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte (UNOE) est l’une des initiatives de l’UNESCO visant à contribuer à l’agenda de l’éducation ouverte. Lancé en juin 2024, ce réseau mondial réunit les chaires UNESCO et leurs partenaires, dans toutes les régions du monde, qui travaillent sur l’éducation ouverte.

    UNOE apprécie l’importance du programme UNITWIN/Chaires UNESCO établi il y a plus de 30 ans, dans le but de favoriser la collaboration interuniversitaire et de renforcer les capacités institutionnelles grâce au partage des connaissances et aux initiatives de recherche collaborative.

    Pour l’aider à accomplir sa mission, UNOE est convaincu de la nécessité de partager ouvertement les cours, les ressources, les données et les résultats des chaires UNESCO et des réseaux UNITWIN.

    Les chaires UNESCO sont des entités où les connaissances sont créées, collectées et conservées. Conformément à la Recommandation de 2019 sur les ressources éducatives libres et à la Recommandation de 2021 sur la science libre, lorsque les chaires UNESCO diffusent ces connaissances, elles ont une responsabilité spécifique : les mettre à la disposition de tous, ouvertement et gratuitement.

    Le premier jour du troisième Congrès sur les REL à Dubaï, nous, le réseau UNOE, proposons que, systématiquement, la diffusion des articles de recherche et autres documents écrits des membres du programme UNITWIN/Chaires UNESCO soit effectuée en libre accès, et que les documents éducatifs soient distribués comme des ressources éducatives libres. Nous proposons que l’UNESCO en fasse une politique.

    Si l’UNESCO adopte cette idée, UNOE, le réseau UNITWIN sur l’éducation ouverte apportera son soutien en partageant du matériel, en organisant des webinaires et en aidant toutes les chaires UNESCO à transformer leurs pratiques.

  • UNOE promeut un texte en faveur des REL au 3ème Congrès mondial de l’UNESCO

    UNOE promeut un texte en faveur des REL au 3ème Congrès mondial de l’UNESCO

    Les 19 et 20 novembre a eu lieu, à Dubaï, le 3ème Congrès mondial des REL.

    Le premier avait eu lieu à Paris en 2010 et avait permis à l’UNESCO de se positionner sur la question des REL. En 2017, à Ljubljana, c’est le congrès qui a fait démarrer le processus menant à l’adoption, en 2019, de la recommandation de l’UNESCO. Sept ans plus tard, l’ambition de départ est de faire le point et d’aboutir à une déclaration (dite “déclaration de Dubaï”) affirmant fortement les valeurs de l’éducation ouverte.

    La première journée de ce genre d’événements est très protocolaire. La parole est aux ministres, à l’UNESCO (à partir de 10:00), pour faire le point sur ce qui a été accompli depuis 2019. Je suis invité à modérer une session sur les liens entre intelligence artificielle et ressources éducatives libres, en particulier en prenant en compte l’inclusion numérique (à partir de 2h30).
    Dr Phumzile Mlambo-Ngcuka a été de nombreuses fois ministre et vice-première ministre de l’Afrique du Sud. Elle nous parle de questions de genre en notant comment l’IA et les REL, parce qu’elles permettent une certaine souplesse, sont à même de contribuer aux questions éducatives des femmes et des filles (en anglais, l’expression consacrée est « women and girls »).
    Mr Seizo Onoe, de l’International Telecommunications Union (ITU) cherche à nous convaincre de l’intérêt de la standardisation : l’ITU joue un rôle essentiel dans l’accès aux réseaux.
    Mr Kevin Chan est director for Global Policy Campaign Strategies à Meta. Son intervention était en faveur des LLM ouverts : il pense que ce sont les modèles qu’il convient de privilégier. Notons qu’à la Chaire RELIA, nous travaillons en ce moment sur des chatbots “vertueux” qui seraient aussi ouverts que possible.

    En tant qu’animateur de la table ronde, j’ai pu mesurer la quantité de sujets essentiels à aborder quand on regarde ensemble les questions d’éducation ouverte et d’intelligence artificielle. J’ai pu également user de mon “droit de conclusion” pour faire une proposition au nom du réseau UNITWIN UNOE que nous coordonnons depuis Nantes.

    Session sur IA, REL et inégalités – photographie sous licence CC0.

    Assez curieusement, si l’UNESCO demande aux états membres d’appliquer la recommandation de 2019, et si elle publie systématiquement sous licence Creative Commons ses propres rapports, il n’y a pas de règles pour les quelques 1000 chaires UNESCO et 100 réseaux UNITWIN.

    J’ai donc proposé, au nom du réseau UNOE, que cela devienne la règle. Le texte de la proposition (en version française) est ci-dessous. Les premiers retours des grands acteurs internationaux des REL et de l’UNESCO sont déjà très positifs. Bien entendu, nous communiquerons les résultats sur ce blog.

    Licence

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  • UNOE ou l’Université d’après-demain

    UNOE ou l’Université d’après-demain

    Le mercredi 26 juin 2024, nous avons lancé le réseau Unitwin UNOE en éducation ouverte.

    Cette inauguration a eu lieu en ligne et il est possible de voir ou revoir l’événement ici : https://mediaserver.univ-nantes.fr/videos/lancement-reseau-unitwin-unoe/.

    Un réseau global

    … et des participant·es de plus de 35 pays différents qui se sont connecté·es pour assister au lancement du réseau et écouter les expert·es parler d’éducation ouverte.

    Mais au-delà des chiffres, cette globalité permet d’envisager une réflexion au niveau de la planète plutôt qu’à un simple (!) niveau national. Avec cet horizon (ou plutôt absence d’horizon), les perspectives changent forcément.

    L’Université de demain sera ouverte et construite avec les jeunes

    C’est le message principal qu’a fait passer François Taddei, notre intervenant invité : afin de pouvoir prendre en compte à la fois les communs de la nature et ceux digitaux que nous créons, il faut associer les jeunes à la réflexion et à la co-construction de l’Université du futur.

    L’éducation ouverte au-delà des Ressources Éducatives Libres

    Les REL ont longtemps été le principal instrument de l’éducation ouverte. Et la réflexion sur les REL s’est souvent faite autour de la question des licences. En pratique, un cours sur les REL passera toujours par là. Mais l’avenir de l’éducation ouverte -en particulier sous l’influence de l’intelligence artificielle- passe par bien plus que cette question de licences !

    Ce que nous en retenons

    L’inauguration signifie que le réseau existe. Son succès montre que si la réflexion peut avoir lieu localement, elle doit aussi se faire en prenant en compte nos histoires, nos différences et surtout nos besoins communs.

    À la Chaire RELIA, nous sommes sur ces lignes. Mais nous pouvons faire bien mieux quant à l’inclusion de la jeunesse dans nos réflexions. Il faudra lancer des initiatives en ce sens dès le mois de septembre !

    Quelques témoignages

    « Greetings from Ministry of Higher Education and Research in France, which actually work on a national strategy about Open Education, with many experts and partners like Nantes University and Unesco Chair RELIA coordinated by Colin. Congratulation for this very interesting international initiative ! »

    « Grateful to be part of this important initiative. Excited for the rich collaborations ahead. A thank you from Notre Dame University Louaize – Lebanon. »

    « Thank you for a really inspiring and interesting conversation. We really look forward to following the network from the ICDE network. »

    « The great organisation effort is now evident with a wonderful session today. Congratulations, a lot of learning for all of us on a critical issue. Open solution. Thank you. »

    « This Initiative allows for high level borderless commitment to configure open solutions as public goods. It will be important to set priority actions for us to undertake towards this common endeavor. »

    « Today I had the great pleasure of attending the inauguration and launch of the UNITWIN Network Open Education_UNOE under the auspices of Nantes Université & Unesco.
     For me, this was one of the highlights of the year.
     Finally, someone who dares to change the OE Agenda and its narratives.
    Thanks also to Cheniti Lilia who was one of the panelists also to @Mpine one of our previous OERAC Ambassadors, now on ICDE Board for your contributions.
    Mr Taddei talked about Planetism and Planetlsts, a very interesting concept, and also about including all learners and diversity in the OE Agenda, and the new social contract. »

    Et enfin, quelques images